78°Nord – Des moraines aux crêtes de Svéa

Les crêtes du Spitzberg
Je me réveille tout doucement, la tente commence à se réchauffer. J’ouvre mon duvet. Je dors maintenant en sous vêtement tellement la température monte sous la toile au réveil.

Après un bon petit déj nous partons pour les sommets des crêtes, 450 mètres de dénivelé, sans grande difficulté. Au moment de partir nous nous apercevons que les deux chiens sont partis explorer les environs. Nous partons donc à leur recherche. Retrouvés à 2km du campement je propose que nous les emmenions pour la journée. Quentin se charge de West et je noue autour de mes hanches la corde d’East. Deux Huskys groenlandais ayant fait sept fois le pôle nord.

Nous commençons par traverser la moraine, un amas de débris rocheux déposé par le dégel du glacier. Un terrain vallonné et rocheux qui prendra près d’une heure trente à traverser. Puis nous commençons l’ascension. Nous croisons quelques rennes se promenant par là. Nous gardons nos distances avec les chiens. East n’arrête pas de tirer sur la corde, il a une telle force qu’il m’entraine très vite dans sa course mais il reste assez obéissant.
Dans la première partie de l’ascension je le lâche un peu tandis que West reste harnaché à Quentin malheureusement ils terminent par se battre, entre mâles dominants s’était prévisible. Je le reprends donc avec moi et terminons l’ascension.

De là-haut le panorama est immense. La mer de glace prend toute sa grandeur. Le glacier s’étend sur des kilomètres pour venir mourir dans la baie. Les neiges de l’hiver passé sont encore un peu présentes. Nous passons de sommet en sommet en empruntant les lignes de crêtes ardoisées.

Il est temps de redescendre, avec East nous dévalons la pente puis nous déjeunons dans le canyon entre les rocheuses. Le retour au campement se fait tranquillement. East tire toujours sur la corde qui commence à me lacérer les hanches.
Nous croisons au détour du canyon deux carcasses de rennes dont les bois imbriqués l’un dans l’autre lors d’un affrontement ont précipité leurs pertes.

Arrivée au campement, je suis contente de me séparée d’East. Je me sens toute légère sans ce contrepoids mais les jambes sont lourdes et la fatigue bien présente. Le goûter est un bon réconfort et je profite pour m’allonger et faire une petite sieste.
Au réveil je profite pour faire la vaisselle et essaye de récupérer des ongles propres.
A la fin du dîner je pars écrire ses quelques lignes au fond de mon duvet et m’endormir.

Mardi 5 Août 2014