78°Nord – Première journée au Spitzberg

Glacier de Wahlenberg - Spitzberg
La nuit a été courte. Le soleil transperce les toiles jaune de la tente, il réchauffe l’air frais je finis la nuit hors de mon sac de couchage
Il est enfin temps de se lever. Quentin, notre guide, nous réveille. Aucune idée de l’heure. Petit déj, toilette de chat et nous partons pour cette première journée d’initiation de kayak.


Nous enfilons nos pilou-pilou, une salopette en polaire très très sexy pour tenir chaud sous notre combinaison et mettons les kayaks à l’eau. Le camp étant au pied du glacier, Nous traversons la baie en découvrant le glacier de plus près. Les grondements de glace et l’effondrement d’iceberg rythment la traversée. La mer est calme, nous naviguons tranquillement entre les icebergs.
La traversée se termine, nous terminons par débarquer au milieu du pack, une bande de glace et d’iceberg issus du glacier.

Nous déjeunons sur la plage de sable noir qui fait face à notre campement, de l’autre côté de la baie. Soupe chinoise, taboulé et un café pour nous réchauffer, puis nous partons pour une randonnée à la découverte du glacier Wahlenberg. Les traversées des rivières se révèlent très humides pour nos pieds. Nous arrivons enfin au pied du glacier du haut de ses 50 mètres. Wahlenberg est l’un des rares glaciers au monde qui avance toujours de nos jours.

Nous rebroussons chemin en direction d’une carcasse d’ours. Malheureusement après pas mal de tentatives, Quentin n’arrive pas à retrouver la position exacte de la carcasse. Nous décidons de retrouver nos embarcations et rentrer au campement. En s’approchant des kayaks nous ramassons deux de nos pagaies. La mini marée est montée en emportant quelques une de nos affaires. Pas de grosse perte mais je retrouve ma combinaison complètement noyée. Quentin me propose sa combinaison en échange pour cette traversée.

La randonnée commençant a être longe, les chaussures de rando sont noyées, les pieds dans la boue, enfiler le pilou-pilou et la combinaison n’est pas chose facile. Je me concentre sur la traversée qui nous attend. Elle s’annonce plus compliquée que l’aller. Le vent est monté, et le pack de glace est plus compact. Nous slalomons avec Laure entre les blocs de glace jusqu’à les chevaucher. Quentin vient nous donner un coup de main pour nous sortir d’une position difficile entre deux blocs de glace desquels nous sommes prisonnières.

Ce premier pack derrière nous, nous commençons à prendre notre rythme jusqu’au second pack que nous traversons avec moins de difficulté cette fois ci.
Nous voici au milieu de la baie avec le vent et la mer qui se sont levés. Nous essayons de garder le cap du campement mais celui-ci est difficile à garder. Les vagues de près d’un mètre nous déportent. Nous dérivons très vite. Une nouvelle fois Quentin vient nous aider.
Il faut absolument que l’on arrive à garder le cap, de faire face aux vagues et d’avancer contre courant. Nous arrivons finalement à nous organiser toutes les deux et à synchroniser notre mouvement. Les embruns viennent gifler mes joues froides.
Passé le temps un critique nous reprenons notre bonne humeur avec Laure. Catherine et Benjamin ont eux un peu plus de mal, Quentin est resté avec eux.

Nous arrivons enfin au camp. Lessivés par cette longues journée nous ne pensons plus qu’à se réchauffer avec un thé bien chaud et un bon repas.
Malheureusement les péripéties de la journée ne sont pas terminées. Quentin se débat avec le réchaud à gaz.
La fatigue me prend. Je ne pense plus qu’à me réchauffer dans mon duvet. Mes pieds sont gelés depuis le milieu de la randonnée. Le soleil brille, extinction des feux de cette première grosse journée.